Aller au contenu

Newsletter

Si vous souhaitez recevoir la newsletter 👉 cliquez ici

Le Carême, un temps de carence ?

On associe souvent la période de Carême à un temps triste, fait de privation et de « contrition » (un vieux mot pour dire que l’on regrette d’avoir offensé Dieu) ! D’ailleurs, on entend souvent dire “je fais Carême de chocolat / de la cigarette / de viande / des réseaux sociaux, etc. Mais est-ce que le Carême c’est seulement une période de privations ? 

Ne nous le cachons pas, il y a quand-même, historiquement, quelque chose de cela : au Moyen-Age, et il y a encore quelques siècles, la fin de l’hiver correspondait surtout à une période de manque et de famine et le Carême permettait de donner une dimension spirituelle et religieuse à cette disette annuelle, avec un accent fort sur le repentir pour les fautes de l’année écoulée. Ici et maintenant, nous avons la chance d’avoir autant de nourriture disponible à cette période qu’à d’autres, et nous vivons dans une société de l’abondance (voire de la sur-abondance). Les privations que certaines personnes s’imposent pendant le Carême sont donc un choix, auquel elles donnent elles aussi une dimension spirituelle, en général plutôt lié au fait de faire une place à Dieu dans leur vie plutôt que comme acte de repentance. 

Car hier comme aujourd’hui, ce qui importe dans le Carême, c’est qu’au fil de ses 40 jours et presque six semaines, il nous emmène vers Pâques. Cette fête centrale pour le christianisme est si importante qu’il vaut la peine de prendre le temps de s’y préparer, au risque sinon de passer à côté de l’événement de la rencontre avec le Christ ressuscité… 

Aujourd’hui, le rythme de notre société et de nos familles ne nous permet pas forcément de faire une période de jeûne, ou de nous priver d’un aliment de base par choix volontaire, ou encore de consacrer nos journées à la contrition. Heureusement il y a bien d’autres façons de nous préparer à accueillir Pâques comme une fête. Car oui, on peut se préparer à Pâques comme on prépare des vacances, ou comme on se prépare à accueillir des amis : anticiper, se réjouir, préparer ce qu’il faut, accueillir les sentiments qui nous habitent (joie, ou crainte, ou stress, ou tristesse, ou…), trouver un rituel qui fait sens en famille pour marquer le passage du temps vers Pâques (préparer ensemble les oeufs colorés, préparer un arbre de Pâques auquel accrocher des prières tout au long du Carême…), expliquer aux enfants ce qui va se passer pendant la fête de Pâques… autant de manières de vivre un Carême aux couleurs de la foi… Si vous cherchez de l’inspiration, une brochure vient de sortir :  https://www.protestant-edition.ch/products/couleurs-de-vie-careme-paques

Autre invitation : venir au Chemin spirituel autour des 5 sens, proposé au temple de la Madeleine pour (re)découvrir Pâques un peu autrement, du 27 février au 31 mars. 

Etienne Jeanneret, pasteur au MiCaE,  avec la collaboration de Sandrine Landeau 

Janvier 2024 : un café de parents à l’Eglise des Enfants,
pour quoi faire ?

Comment transmettre ce qui nous semble important dans notre manière de vivre notre foi ? Peut-on parler de la mort avec les enfants ? Qu’est-ce que mon enfant m’apprend sur Dieu ? Venez explorer ces questions, et bien d’autres, au Café des parents de l’Eglise des Enfants ! 

Un Café de parents est un lieu dans lequel les parents (et grands-parents) peuvent échanger sur leur quotidien, leurs doutes ou leurs questions, sans jugement ou pression pour atteindre d’objectifs. Diverses associations organisations de soutien aux parents en proposent. Les parentss peuvent y partager des expériences et se sentir renforcés par les échanges avec d’autres, ce qui est très précieux tant la parentalité peut bousculer !  

Si l’Eglise des Enfants propose aujourd’hui un Café des parents (et grands-parents), c’est que les cafés existants abordent peu ou pas du tout les nombreuses questions spirituelles que les enfants nous posent, ou posées par l’expérience de la parentalité à notre propre spiritualité. Nous souhaitons offrir un cadre où aborder ces questions, ainsi qu’une communauté où les parents peuvent échanger sur la manière dont ils guident leurs enfants dans leur propre exploration spirituelle. Ces échanges permettent de sensibiliser les uns aux autres sur les différentes approches spirituelles, croyances ou traditions familiales favorisant ainsi la compréhension mutuelle et ouvrent la voie à des conversations intergénérationnelles, où les parents peuvent transmettre leurs valeurs spirituelles tout en respectant la liberté de croyance de leurs enfants.  

Certaines questions spirituelles des enfants peuvent être délicates à aborder et le Café des Parents peut devenir alors un lieu de soutien où les parents peuvent partager des stratégies pour répondre aux interrogations de leurs enfants. 

En intégrant cette dimension spirituelle, le Café des Parents devient un espace holistique qui répond aux besoins des parents, tout en les aidant à guider leurs enfants dans leur propre recherche de sens. 

Alors, vous venez ? 

Prochain rendez-vous mercredi 7 février 2024 de 9h à 10h30 au COEC (centre œcuménique de catéchèse – 14, rue du Village-Suisse -Genève). Renseignements : enfance@protestant.ch 

Amandine Mayer-Sommer, chargée de ministère auprès des enfants 

Décembre 2023 : célébrer les grandes fêtes chrétiennes en famille

« Aux personnes qui vivent avec Dieu, le temps est un visage de l’éternité. » écrivait le rabbin Abraham Heschel. Oui, pour nous croyant·es, le temps est lié à Dieu et traversé d’éternité… Pas évident tous les jours me direz-vous ;o) 

Célébrer et se laisser porter par les fêtes chrétiennes qui rythment l’année, c’est une façon d’habiter spirituellement le temps, de ne pas le réduire à notre agenda, à 2023 puis 2024, à l’année comptable, aux horaires d’école et de vacances, aux tâches à accomplir pour le travail ou la maison, etc. 

Au quotidien, le temps est plutôt haletant et nous nous en sentons souvent plus esclaves que maîtres ! Pourtant, nous construisons le temps, nous remplissons nos agendas au fil des jours et des saisons. Nous nous organisons pour habiter le temps, pour « l’habiller » de nos obligations, loisirs, envies, dans des proportions plus ou moins équilibrées selon les périodes… Et nous pouvons choisir librement d’y réserver des plages pour prier, méditer, chanter, se rassembler, parant ainsi le temps de sacré et de spiritualité. Particulièrement autour des fêtes : les anniversaires – personnels mais aussi de mariage ou autre, les dates qui nous rappellent nos proches déjà « né·es au ciel », les événements musicaux, sportifs ou théâtraux auxquels participent nos enfants et auxquels la famille se fait une joie d’aller, les réunions de fin d’année… et… les fêtes liturgiques comme le temps de la Création (du 1er sept. au 4 oct.), l’Avent et Noël, le Carême et Pâques, l’Ascension et Pentecôte. Des moments qui nous rappellent la naissance, la vie, l’enseignement de Jésus, sa mort et sa résurrection, ainsi que la présence de l’Esprit avec nous et en nous, pour toujours.  

Certaines années, ces fêtes chrétiennes servent à profiter de quelques jours de repos ou de vacances. D’autres fois, on a envie d’en approfondir le sens en famille, d’en discuter, de s’y préparer même. On peut aller aux célébrations prévues dans nos églises, mais aussi vivre quelque chose à la maison. Un ouvrage à paraître en décembre et inspiré de l’approche Godly Play propose justement de Raconter Dieu à la maison en partant des grandes fêtes chrétiennes. Avec du matériel commandé, ou téléchargé et imprimé, on peut  raconter avec des images et des objets comment l’histoire de Dieu se mêle à notre histoire, à nos histoires de famille, et s’incarne dans le temps qui passe et revient, à la fois familier et toujours neuf, puisque « la fin est toujours aussi un début… » Ce livre écrit par Jerome Berryman nous permet de nous émerveiller de ce qui nous touche à travers les histoires et les fêtes, de nous faire le cadeau de nos questions et réflexions autour de la table, pour grandir ensemble dans la foi, en honorant particulièrement notre identité chrétienne à certains moments de l’année et en accueillant avec la même écoute attentive ce que chaque personne, enfant ou adulte, a envie de partager. 

Alors que nous entrons dans l’Avent – début de l’année de l’Église, ou année liturgique – il est bon de nous souvenir qu’une dimension sacrée du temps, rythmée par le souvenir de la vie de Jésus-Christ et la présence de l’Esprit, se superpose à nos agendas. C’est au cœur de la nuit que l’enfant-Christ va naître et tout changer… C’est au cœur du temps que l’Éternel et l’Infini a choisi de s’incarner, pour l’ouvrir à la joie et à l’éternité…  

Bon temps de l’Avent et bonnes fêtes de Noël ! 

Loraine d’Andiran, pasteure

Novembre 2023 : « 10 questions ? C’est pas un peu beaucoup 10 ? »

(chanson des Théopopettes)

C’est vrai, à la fin ! On ne sait pas tout, nous les parents, les grands, les grands-parents… et cette question, là, que tu me poses, je n’y ai plus réfléchi depuis… depuis… depuis que j’avais ton âge ? Depuis que je suis dans la vie active ? Depuis que mes obligations de maman/papa m’occupent nuit et jour ?  

Et si on s’arrêtait un instant pour se demander ce qu’est une question ? Une question d’enfant ? 

Une question d’enfant, c’est avant tout une chance. Si, si ! Même si c’est la vingtième de la journée, même si elle vous donne le tournis, même si elle épuise vos capacités nerveuses et psychologiques, une question d’enfant est une aubaine.  

Le fameux « pourquoi », si présent chez l’enfant dès l’apparition du langage doit avant tout nous rassurer : Karl Jaspers résumait ainsi sa pensée : « S’interroger, c’est être en mouvement. Les questions sont plus essentielles que les réponses, et chaque réponse devient une nouvelle question. » (1883-1969, psychiatre et philosophe germano-suisse représentatif de l’existentialisme)

Quand un·e enfant, un·e adolescent·e, un.e jeune pose une question, c’est donc signe qu’il ou elle est en mouvement! Et si notre réponse amène une autre question, c’est normal et même souhaitable. Un·e enfant ne fait pas de sur place 

Mais comment, face à ses interrogations, guider sans enfermer ? Comment aider et encourager l’enfant à trouver son propre chemin de pensée ? C’est l’objectif de la pratique de la philo pour enfants qui a émergé dans les années 70 : aider les enfants à définir, à donner des exemples, à conceptualiser, à reformuler, à émettre des hypothèses, à comparer, autant de savoir-faire développés par la pratique du dialogue philosophique avec les enfants, que ce soit en groupe ou individuellement.  

C’est de cette démarche que sont inspirées les parlottes des Théopopettes® : depuis 14 ans, Popette, Théo et une adulte, MadAmandine ou Madame Florence, proposent aux enfants de dialoguer autour de thèmes qui développent leur curiosité, leur faculté de s’étonner, de douter, de s’inspirer. Ces outils permettront aux enfants de faire face aux questions existentielles qui les traversent : l’expérience de Dieu, la solitude, la mort, l’injustice, la peur, etc…  

Mais les parlottes sont aussi une occasion pour les parents de s’inspirer pour mieux dialoguer : Comment poser une question ouverte ? Comment encourager la parole sans interpréter, comment mettre en avant nos propres doutes plutôt que nos certitudes, même si cela nous plonge dans l’inconfort : celui de renoncer à être « celui ou celle qui sait tout » ? Contrairement à une idée reçue, les enfants acceptent qu’on n’ait pas toutes les réponses et l’acceptent d’autant mieux si la question fait l’objet d’une recherche commune.  

« Pourquoi Dieu laisse arriver la guerre ? » demandait un enfant au KT mardi passé.  

« Je me demande si quelqu’un dans ce groupe peut nous aider à réfléchir à cette question ? » ai-je enchaîné. Vous n’aurez pas la suite du dialogue mais je vous promets que je n’ai pas regretté d’être présente ce jour-là pour … me mettre en mouvement !   

Alors, oui, accueillir les questions d’un enfant c’est accepter l’intranquillité de l’esprit, c’est souvent découvrir ses limites, mais c’est aussi se sentir vivant et faire l’expérience du bonheur.  

Florence Auvergne-Abric, chargée de ministère auprès des enfants 

Octobre 2023 : “Papa, maman, pourquoi je dois aller au caté ? ça m’saoûle”

Cette question vous l’avez entendue, ou vous l’entendrez. Autant s’y préparer. Pourquoi le caté plutôt qu’une activité avec les copains ? D’abord, au caté on se fait des copains, comme foot, à l’escalade ou au conservatoire !

Et, surtout !, l’Evangile est un trésor à partager avec toute personne, quel que soit son âge. C’est pour cela que l’Église relève ce défi du catéchisme.

Au caté, les enfants apprennent à connaître la Bible et à s’y repérer. Ils se familiarisent avec les grands récits et personnages. En discutant avec les autres, ils expérimentent qu’un même récit résonne (très) différemment pour l’autre et que c’est une richesse. En réfléchissant à la différence entre ce qu’ils aiment et ce qui est important dans une histoire, ils découvrent qu’un même récit peut avoir plusieurs dimensions. Au caté, les enfants découvrent aussi d’autres manière de cultiver leur vie spirituelle : le silence, la prière, le partage en groupe, la créativité, l’émerveillement… Et bien sûr au caté on essaie d’être cohérent.es et de vivre avec les enfants des moments où le respect, l’attention à soi et à l’autre, la responsabilité et la bienveillance sont incontournables.

Et vous, parents, qu’est-ce qui vous pousse à inscrire vos enfants au caté, à venir avec eux à une célébration, à les envoyer au centre aéré ? Pour lui transmettre des valeurs, une morale ? Pour l’inscrire dans la tradition familiale ? Parce que le caté et l’Église sont importants pour vous ? Parce que vous pensez que nous, dans l’Eglise, nous saurons lui en parler ? Ou simplement parce vous voulez partager votre foi ? Être au clair sur la raison qui vous motive est important pour les encourager à poursuivre le caté. Nos enfants nous poussent à être cohérents.

J’ajouterai encore que les enfants qui suivent un parcours dans l’Eglise garderont plus facilement un lien avec elle. La survie de l’institution n’est pas un objectif en soi, mais reconnaissons que l’Eglise est un lieu privilégié pour transmettre l’Evangile, et c’est important.

Alors, quelle que soit votre raison de le faire, merci de nous faire confiance pour vous accompagner, seul.e, en famille, avec vos enfants !

Sandrine Landeau, pasteure